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La formation France MJPM

Quel est le but de la formation continue des MJPM ? Objectifs, compétences et droits des personnes protégées

Le but de la formation continue des mandataires judiciaires à la protection des majeurs est fixé par le I de l'article D. 471-2-3 du code de l'action sociale et des familles : assurer la mise à jour et le perfectionnement des connaissances nécessaires à l'exercice professionnel. L'instruction DGCS du 1er septembre 2026 y rattache trois finalités : la qualité de l'accompagnement des majeurs protégés, l'adaptation des pratiques aux évolutions juridiques, sociales et éthiques, et la professionnalisation du secteur. La formation France MJPM traduit ce but en un objectif général : actualiser vos compétences juridiques, patrimoniales, éthiques et relationnelles au regard des textes en vigueur, en vingt objectifs pédagogiques répartis sur dix modules.

Une formation obligatoire n'a de sens que si elle change quelque chose dans la pratique. Ce dossier part du texte, puis montre comment chaque objectif de la formation se rattache aux droits de la personne protégée et à la qualité des mesures.

Mis à jour le · Rédaction France MJPM (HNC SAS, organisme de formation certifié Qualiopi) · Sources : textes officiels relus sur Légifrance

Que dit le texte sur le but de la formation continue des MJPM ?

La première phrase de l'article D. 471-2-3 du CASF, créé par le décret n° 2025-874 du 1er septembre 2025, énonce le but. Selon ses termes, la formation continue « vise à assurer la mise à jour et le perfectionnement des connaissances nécessaires à l'exercice professionnel du mandataire judiciaire à la protection des majeurs ».

La phrase contient deux verbes d'action implicites. Mettre à jour, c'est remplacer une règle apprise par la règle en vigueur. Perfectionner, c'est approfondir une compétence que vous avez déjà, pour mieux l'exercer. Une formation qui ne ferait que répéter le socle initial ne remplirait que la moitié du but.

Le texte parle de connaissances « nécessaires à l'exercice professionnel ». Il ne vise pas une culture générale du droit des personnes. Il vise ce dont un mandataire a besoin pour exercer les mesures que le juge lui confie, dans les limites fixées par l'article L. 471-1 du même code.

Quelles finalités l'instruction DGCS assigne-t-elle à l'obligation ?

L'instruction n° DGCS/SD2A/2026/125 du 1er septembre 2026 consacre son point 1 au contexte et à la finalité du dispositif. Elle rappelle que la loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 a instauré l'obligation pour les MJPM et leurs encadrants directs afin de garantir trois choses.

La première est la qualité de l'accompagnement des majeurs protégés. La deuxième est l'adaptation des pratiques professionnelles aux évolutions juridiques, sociales et éthiques. La troisième est la consolidation de la professionnalisation du secteur.

Ces trois finalités servent de grille de lecture à toute formation continue. Une action utile améliore l'accompagnement, tient compte des textes récents et renforce la pratique professionnelle. La formation France MJPM a été construite pour répondre à chacune d'elles, et le reste de ce dossier montre comment.

Quel est l'objectif général de la formation France MJPM ?

La fiche programme le formule ainsi : « Consacrer les quatorze heures annuelles de formation continue exigées par l'article D. 471-2-3 du code de l'action sociale et des familles, et actualiser ses compétences juridiques, patrimoniales, éthiques et relationnelles au regard des textes en vigueur. »

La première partie de la phrase répond à l'exigence de durée posée par le V de l'article. La seconde répond au but posé par son I. Les quatre adjectifs recouvrent les deux missions que l'article 425 du Code civil confie à la mesure, la protection de la personne et celle de ses intérêts patrimoniaux, ainsi que la relation et l'éthique qui encadrent leur exercice.

Cet objectif général se décline en deux objectifs pédagogiques par module, soit vingt objectifs au total. Chacun est formulé avec un verbe d'action : situer, conduire, rédiger, appliquer, distinguer, qualifier, établir, produire, articuler, repérer.

Les vingt objectifs pédagogiques, regroupés par famille de compétences

Les objectifs se rangent dans les quatre familles annoncées par l'objectif général. Le regroupement ci-dessous est une grille de lecture ; le parcours, lui, suit l'ordre des modules de 1 à 10.

Compétences juridiques (modules 1, 2, 5 et 9)

Situer chaque mesure et ses principes de nécessité, subsidiarité et proportionnalité ; rappeler le statut du MJPM ; conduire la procédure d'ouverture, de révision et de recours ; rédiger une requête claire et complète ; qualifier un acte d'administration ou de disposition ; identifier le pouvoir requis et les actes interdits ; articuler mesure judiciaire, mandat de protection future et habilitation familiale ; gérer la fin de mesure et le décès.

Compétences patrimoniales (modules 6, 7 et 8)

Faire fonctionner les comptes bancaires dans le respect de l'article 427 du Code civil ; bâtir le budget et organiser l'argent de vie ; établir l'inventaire dans les délais ; gérer les actes patrimoniaux lourds ; produire un compte de gestion annuel conforme ; respecter le calendrier de vérification et d'approbation.

Compétences relationnelles et droits de la personne (modules 3 et 4)

Appliquer la charte des droits et libertés, la notice et le document individuel de protection ; favoriser le consentement et la participation, y compris pour le droit de vote ; distinguer décision personnelle, assistance, représentation et autorisation du juge ; accompagner les décisions de santé, de fin de vie et de logement.

Compétences éthiques et sécurité de la pratique (module 10)

Sécuriser sa pratique au regard de la responsabilité, du financement des mesures et du contrôle par l'État ; repérer et signaler une maltraitance ; résoudre un dilemme éthique.

En quoi la formation sert-elle les droits de la personne protégée ?

L'article 415 du Code civil fixe le cadre de toute mesure. Il exige que la protection soit instaurée et assurée dans le respect des libertés individuelles, des droits fondamentaux et de la dignité de la personne. Sa finalité est l'intérêt de la personne protégée, dont elle favorise l'autonomie dans la mesure du possible.

L'article L. 471-1 du CASF reprend ce cadre pour le mandataire : il exerce ses missions dans le respect des principes de l'article 415, en recherchant, lorsque cela est possible, le consentement éclairé de la personne. L'article 457-1 du Code civil ajoute un devoir d'information : la personne reçoit, selon des modalités adaptées à son état, toutes informations sur sa situation, les actes concernés, leur utilité, leur urgence, leurs effets et les conséquences d'un refus.

L'article L. 471-6 du CASF prévoit la remise d'une notice d'information, avec en annexe une charte des droits de la personne protégée, et d'un document individuel de protection des majeurs. Il en donne la raison : garantir l'exercice effectif des droits et libertés, notamment prévenir tout risque de maltraitance. Les modules 3 et 4 de la formation portent sur ces outils et sur la frontière entre ce que la personne décide seule et ce qui requiert assistance, représentation ou autorisation du juge.

En quoi la formation améliore-t-elle la qualité des mesures exercées ?

La qualité d'une mesure se lit d'abord dans le respect des obligations et des délais. L'article 503 du Code civil impose un inventaire transmis au juge dans les trois mois pour les biens meubles corporels et dans les six mois pour les autres biens. L'article 510 impose un compte de gestion annuel accompagné des pièces justificatives. Ces délais sont fixés par la loi ; les tenir est la base d'une mesure bien conduite.

Elle se lit ensuite dans la manière de gérer. L'article 496 du Code civil demande au tuteur des soins « prudents, diligents et avisés », au service exclusif de l'intérêt de la personne protégée. L'article 421 rend les organes de la mesure responsables du dommage résultant d'une faute quelconque commise dans l'exercice de leur fonction. Se former, c'est réduire le risque de faute.

Elle se lit enfin dans le regard de l'administration. Selon l'instruction DGCS, les formations antérieurement suivies sont prises en compte dans l'appréciation de la qualité du professionnel lors des recrutements ou de la procédure d'agrément. L'article R. 472-1 du CASF range déjà, parmi les critères de sélection des candidats à l'agrément, les formations obtenues autres que celles obligatoires pour exercer.

Pourquoi actualiser ses connaissances juridiques quand on exerce depuis longtemps ?

Parce que les textes bougent. Sur Légifrance, plusieurs articles centraux affichent une rédaction récente. L'article 427 du Code civil, sur les comptes bancaires, est en vigueur dans sa version actuelle depuis le 1er janvier 2020. Les articles 428, 459, 500, 501, 503 et 512 du même code le sont depuis le 25 mars 2019.

Côté CASF, l'article L. 471-1 a reçu son dernier alinéa sur la formation continue le 10 avril 2024. L'article D. 471-2-2, qui exige désormais la licence professionnelle pour exercer les mesures de tutelle et de curatelle, est en vigueur depuis le 31 décembre 2023. L'article D. 472-5-2, sur le dossier de candidature à l'agrément, l'est depuis le 27 avril 2025.

Un mandataire formé avant ces dates a appris des règles qui ont changé depuis. La mise à jour voulue par le décret n° 2025-874 consiste précisément à reprendre ces articles dans leur rédaction en vigueur.

À quelles compétences certifiées la formation se rattache-t-elle ?

Le 1° du III de l'article D. 471-2-3 exige un lien direct avec les compétences certifiées par les formations de l'article D. 471-2-2. Pour les mesures de tutelle, de curatelle et de mandat spécial, l'instruction DGCS renvoie au référentiel de la fiche RNCP38862, celle de la licence professionnelle mention mandataire judiciaire à la protection des majeurs.

Le bloc RNCP38862BC06, « Appliquer le périmètre de la mesure de protection et ses obligations », se retrouve dans les modules 1, 2, 5, 6, 7 et 8. On y trouve par exemple la compétence « Réaliser et contrôler un compte de gestion », cœur du module 8. Le bloc RNCP38862BC07, consacré à la relation avec la personne protégée et à son projet personnel de protection, se retrouve dans les modules 3 et 4.

Le bloc RNCP38862BC04, « Agir en responsabilité au sein d'une organisation professionnelle », comprend le respect des principes d'éthique et de déontologie : il rejoint le module 10. Le bloc RNCP38862BC08 demande de se repérer dans l'organisation judiciaire et administrative : il traverse les modules 2 et 9.

Ce que la formation continue ne cherche pas à faire

Elle ne délivre pas de titre. La condition de formation exigée pour exercer reste celle de l'article D. 471-2-2 du CASF : la licence professionnelle pour la tutelle, la curatelle et le mandat spécial, le certificat national de compétence mention mesure d'accompagnement judiciaire pour la MAJ.

Elle n'étend pas votre habilitation. Selon l'article R. 472-6 du CASF, un mandataire qui souhaite se voir confier une catégorie de mesures non couverte par son agrément doit demander un nouvel agrément. Aucune formation continue ne s'y substitue.

Elle ne remplace pas non plus le contrôle. L'instruction DGCS précise que la DDETS n'a pas à valider la pédagogie des actions suivies : c'est à l'organisme de construire des objectifs pertinents, et au professionnel de choisir une formation qui sert sa pratique.

Comment vérifier que le but est atteint ?

La formation commence par un questionnaire de positionnement de 20 questions, non noté. Il donne une photographie de vos connaissances au départ. Chaque module se termine par un cas pratique commenté puis par un QCM de 10 questions à réussir à 70 %, et le parcours par un QCM final de 30 questions à réussir à 80 %.

Les cas pratiques placent l'objectif dans une situation de travail : un délégué recruté sans licence, une requête pour vendre le logement, une personne qui refuse de signer le document individuel de protection, une banque qui veut clôturer un livret, une succession déficitaire. Le titre de chaque cas annonce la compétence qu'il mobilise.

Le référentiel RNCP38862 attend du professionnel qu'il sache « analyser ses actions en situation professionnelle, s'autoévaluer pour améliorer sa pratique ». Le passage du positionnement au QCM final vous en donne la mesure. Un questionnaire d'avis de 8 questions recueille enfin votre retour sur la formation.

Questions fréquentes

La formation continue aide-t-elle à obtenir un agrément ou un poste ?
Elle n'ouvre aucun droit en soi. Mais l'instruction DGCS indique que les formations antérieurement suivies sont prises en compte dans l'appréciation de la qualité du professionnel lors d'un recrutement ou d'une procédure d'agrément. L'article R. 472-1 du CASF compte d'ailleurs les formations obtenues parmi les critères de sélection des candidats à l'agrément.
Pourquoi la formation insiste-t-elle sur l'éthique ?
Parce que les textes le font. L'article L. 471-1 du CASF prévoit une charte nationale qui définit les principes éthiques et déontologiques de la profession. Le référentiel RNCP38862 demande de respecter ces principes, et l'instruction DGCS cite les évolutions éthiques parmi les finalités de la formation continue. Le module 10 y consacre une leçon sur les dilemmes.
La formation traite-t-elle de la maltraitance ?
Oui. Le module 10 comporte une leçon intitulée « Prévenir et signaler la maltraitance » et un cas pratique sur un soupçon d'abus financier par un proche. Le sujet découle directement de l'article L. 471-6 du CASF, qui justifie la remise de la notice, de la charte et du document individuel par la prévention de tout risque de maltraitance.
Les objectifs sont-ils les mêmes pour un délégué et un mandataire individuel ?
Oui. Le 1° du III de l'article D. 471-2-3 ne distingue pas selon le mode d'exercice : il exige un lien avec les compétences certifiées, qui sont communes. Les obligations du Code civil, de l'inventaire au compte de gestion, s'imposent de la même manière quel que soit votre statut. Seul le cadre d'emploi diffère.
Qui choisit les thèmes de ma formation continue ?
Vous. L'instruction DGCS dit que les professionnels demeurent autonomes dans le choix des thématiques. La DDETS peut émettre des recommandations, collectives ou individuelles, sur des champs à investir en priorité. Le texte impose seulement le lien direct avec les compétences certifiées, l'analyse collective des pratiques ou l'encadrement.
La formation tient-elle compte des textes les plus récents ?
Son objectif général vise l'actualisation des compétences « au regard des textes en vigueur ». Le module 1 comprend une leçon intitulée « Formation initiale et formation continue », deux sujets que le décret n° 2023-1379 du 28 décembre 2023 et le décret n° 2025-874 du 1er septembre 2025 ont profondément modifiés.
Le questionnaire de positionnement peut-il me bloquer ?
Non. Ses 20 questions ne sont pas notées et ne conditionnent pas l'accès aux modules. Il sert de point de départ : vous repérez vos acquis et vos zones de fragilité. Les QCM de fin de module, eux, demandent 70 % de bonnes réponses pour avancer, avec des tentatives illimitées.

Vos 14 heures de formation continue, en ligne

Précommande ouverte : accès à la formation le 1er janvier 2027. Mandataire, délégué ou encadrant, vous justifiez chaque année de quatorze heures de formation continue par an, ou de vingt-huit heures sur deux ans. Le parcours France MJPM se suit 100 % en ligne, à votre rythme, et se termine par l'attestation à remettre au préfet.

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