France MJPM

Le métier de mandataire

Devenir MJPM : âge, diplôme, expérience, moralité et serment

Pour devenir mandataire judiciaire à la protection des majeurs, l'article L. 471-4 du code de l'action sociale et des familles exige quatre conditions : moralité, âge, formation certifiée par l'État et expérience professionnelle. Depuis le 1er septembre 2025, la formation exigée pour exercer la curatelle, la tutelle et le mandat spécial est la licence professionnelle mention « activités juridiques : mandataire judiciaire à la protection des majeurs » (article D. 471-2-2). L'âge et l'expérience dépendent du mode d'exercice : 18 ans pour un délégué de service, 21 ans et un an d'expérience pour un préposé, 25 ans et trois ans pour un mandataire individuel (article D. 471-3). Une fois inscrit, le mandataire prête serment.

Les conditions d'accès au métier ont changé avec le décret n° 2023-1379 du 28 décembre 2023. Ce dossier reprend les textes en vigueur au 9 octobre 2026, condition par condition, puis le parcours concret selon le mode d'exercice visé.

Mis à jour le · Rédaction France MJPM (HNC SAS, organisme de formation certifié Qualiopi) · Sources : textes officiels relus sur Légifrance

Les quatre conditions de l'article L. 471-4 du CASF

L'article L. 471-4 du code de l'action sociale et des familles pose la règle en une phrase : les mandataires judiciaires à la protection des majeurs doivent satisfaire à des conditions de moralité, d'âge, de formation certifiée par l'État et d'expérience professionnelle. Ces quatre exigences valent pour tous, quel que soit le mode d'exercice choisi.

Lorsque la mesure est confiée à un service mandataire, ce sont les personnes physiques du service ayant reçu délégation qui doivent remplir ces conditions. Le service informe le préfet des méthodes de recrutement qu'il suit pour s'y conformer, et des règles internes qu'il s'est fixées pour contrôler ses agents dans l'exercice de leur mission.

La loi renvoie le détail au règlement. Les articles D. 471-2-2 et D. 471-3 du même code, dans leur rédaction issue du décret n° 2023-1379 du 28 décembre 2023, précisent le diplôme, l'âge minimum, la durée d'expérience et les délais accordés pour se mettre en règle.

Quel diplôme faut-il pour devenir MJPM depuis 2025 ?

Pour exercer le mandat spécial de la sauvegarde de justice, la curatelle ou la tutelle, l'article D. 471-2-2 exige d'être titulaire du diplôme national de licence professionnelle mention « activités juridiques : mandataire judiciaire à la protection des majeurs ». L'article 2 du décret du 28 décembre 2023 rend cette condition applicable à compter du 1er septembre 2025.

Ce diplôme est enregistré au répertoire national des certifications professionnelles sous le numéro RNCP38862, au niveau 6. Il confère le grade de licence et se prépare dans des universités accréditées, dont la fiche de France compétences donne la liste.

Le certificat national de compétence n'a pas disparu d'un coup. Sa mention « mesure judiciaire à la protection des majeurs » peut encore être délivrée jusqu'au 31 décembre 2027, et ceux qui la détiennent au 1er janvier 2028 peuvent continuer à exercer au-delà. Pour la mesure d'accompagnement judiciaire, la condition reste une formation complémentaire sanctionnée par le certificat national de compétence mention MAJ (article D. 471-4).

Âge, expérience, délai : ce qui change selon le mode d'exercice

L'article D. 471-3 du CASF module les exigences selon que vous visez un poste de délégué dans un service, de préposé dans un établissement ou une activité à titre individuel. La logique se lit facilement : plus le mandataire exerce seul, plus le texte exige d'âge et d'expérience.

Délégué d'un service mandataire

Âge minimum de 18 ans à l'entrée en fonction, abaissé de 21 à 18 ans par le décret du 28 décembre 2023. Le délégué dispose de deux ans à compter de son entrée en fonction pour obtenir le diplôme requis. Le texte ne fixe pas de durée d'expérience préalable.

Préposé d'établissement

Âge minimum de 21 ans et expérience d'un an au moins dans un des domaines nécessaires aux fonctions. Le préposé dispose d'un an à compter de la déclaration faite par son établissement pour satisfaire à la condition de diplôme.

Mandataire individuel

Âge minimum de 25 ans et expérience de trois ans au moins dans un des domaines nécessaires aux fonctions. Aucun délai de mise en conformité n'est prévu : le diplôme figure parmi les pièces du dossier d'agrément (article D. 472-5-2).

Quelle expérience professionnelle est prise en compte ?

Le texte parle d'une expérience « dans un des domaines nécessaires à l'exercice des fonctions de mandataire judiciaire », sans dresser la liste de ces domaines. Il ne précise pas non plus si l'expérience doit être salariée ni si elle doit être à temps plein. L'appréciation revient donc à l'autorité qui instruit le dossier.

Les référentiels donnent une idée des champs concernés. Celui de la licence professionnelle décrit une formation « à la croisée des domaines juridiques, sociaux et de gestion ». La fiche RNCP38862 cite, parmi les législations à connaître, l'action et la protection sociales, le droit de la famille, le droit fiscal, patrimonial et successoral, le surendettement ou l'accès au logement.

Pour le candidat à l'agrément, l'expérience se prouve par un curriculum vitae et toutes pièces justificatives (article D. 472-5-2). L'article R. 472-1 ajoute que les formations et les expériences autres que celles obligatoires comptent parmi les critères de sélection des candidatures.

La condition de moralité : comment est-elle vérifiée ?

L'article L. 471-4 exige une condition de moralité sans la définir. Les textes d'application en organisent surtout la vérification. Le dossier de candidature à l'agrément comporte le bulletin n° 3 du casier judiciaire (article D. 472-5-2), et la déclaration d'un préposé est accompagnée d'un extrait de casier judiciaire (article R. 472-16).

L'administration dispose aussi d'un outil propre à la profession. L'article L. 471-3 crée une liste nationale qui répertorie les mandataires dont l'agrément ou la déclaration a été suspendu, retiré ou annulé, ainsi que les services dont l'autorisation a été retirée. Selon l'article D. 471-17, les préfets et les procureurs de la République y accèdent pour instruire une demande d'agrément ou une déclaration.

Enfin, l'agrément n'est délivré qu'après avis conforme du procureur de la République (article R. 472-3). Le texte ne détaille pas les éléments examinés à ce stade. Retenez qu'un candidat est regardé à la fois par l'administration et par le parquet avant de pouvoir exercer seul.

Que contient la licence professionnelle MJPM ?

Le référentiel de formation figure en annexe I de l'arrêté du 26 février 2024. Il réserve au moins 80 % des enseignements à trois domaines socles : la protection juridique de la personne vulnérable pour 35 % au minimum, la personne protégée pour 25 %, l'exercice du métier pour 20 %. Jusqu'à 10 % du temps peuvent porter sur des spécificités locales, comme les zones frontalières ou les territoires ultramarins.

La formation est ouverte aux étudiants en formation initiale et aux stagiaires de la formation continue issus de formations juridiques, sociales ou de gestion, ayant validé 120 crédits européens. Elle alterne périodes théoriques et pratiques, la période pratique se déroulant auprès d'un professionnel de la protection juridique des majeurs.

L'évaluation, décrite en annexe II, combine productions écrites et orales, avec au moins 75 % de production individuelle. Chaque compétence est appréciée sur une échelle de 0 à 3, et la formation doit amener chaque étudiant au niveau 2 au minimum, celui de l'autonomie dans les choix professionnels.

Peut-on devenir MJPM par la VAE ou en cours de carrière ?

Oui pour la formation continue, puisque l'arrêté du 26 février 2024 ouvre la licence aux stagiaires de la formation continue, avec des modalités d'évaluation adaptables. La fiche RNCP38862 mentionne aussi l'accès par l'apprentissage et par le contrat de professionnalisation.

La même fiche indique que la certification est accessible par expérience, en renvoyant aux articles L. 6411-1 à L. 6423-3 du code du travail, qui encadrent la validation des acquis de l'expérience. Les modalités d'acquisition par blocs sont définies par chaque université certificatrice : renseignez-vous auprès de l'établissement visé avant de vous engager.

La licence est découpée en huit blocs de compétences, de l'usage des outils numériques (RNCP38862BC01) à la mobilisation des réseaux professionnels autour de la personne protégée (RNCP38862BC08). Les blocs propres au métier portent sur le périmètre de la mesure et ses obligations, puis sur la relation avec la personne protégée et son entourage.

Par quel mode d'exercice commencer ?

La fiche RNCP38862 répond directement : l'emploi le plus directement accessible à la sortie du diplôme est celui de délégué mandataire au sein d'un service, sous réserve des conditions de moralité et d'âge. Selon la même fiche, ce mode d'exercice représente près de 80 % des professionnels.

Le poste de préposé suppose un an d'expérience et une déclaration de l'établissement employeur au préfet. L'activité à titre individuel suppose trois ans d'expérience, 25 ans révolus et un agrément délivré après appel à candidatures, en fonction des besoins fixés par le schéma régional (article L. 472-1-1). Il n'existe donc pas de candidature libre à tout moment : vous déposez votre dossier quand le préfet de votre département lance un appel.

Le cumul est possible sous conditions. L'article R. 471-2-1 permet par exemple à un délégué à temps partiel d'exercer aussi à titre individuel, dans la limite d'un plafond de mesures qui baisse à mesure que son temps salarié augmente.

Le serment, dernière étape avant d'exercer

L'article L. 471-2 du CASF prévoit que les personnes inscrites sur la liste prêtent serment. Selon l'article R. 471-2, le mandataire le prête dans les six mois de son inscription, devant le tribunal judiciaire du chef-lieu de département ou, le cas échéant, l'une de ses chambres de proximité.

La formule est fixée par le texte : « Je jure et promets de bien et loyalement exercer le mandat qui m'est confié par le juge et d'observer, en tout, les devoirs que mes fonctions m'imposent. Je jure également de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l'occasion de l'exercice du mandat judiciaire. » Un mandataire inscrit sur plusieurs listes ne prête serment qu'une fois, lors de sa toute première inscription.

Le délégué d'un service prête serment dans les six mois de son recrutement. Si le service est autorisé dans plusieurs départements, il le fait devant le tribunal judiciaire du chef-lieu du département où se trouve le siège de l'organisme gestionnaire.

Et après : la formation continue dès l'année suivante

Entrer dans le métier ouvre aussi une obligation de mise à jour. Le décret n° 2025-874 du 1er septembre 2025 fait partir l'obligation de formation continue du 1er janvier de l'année qui suit l'agrément, la déclaration ou le recrutement. Si le diplôme manquait à cette date, elle part du 1er janvier qui suit son obtention.

Le volume est de quatorze heures sur une année civile ou de vingt-huit heures sur deux années consécutives, à partir du 1er janvier 2027. Pour un nouveau mandataire, la formation France MJPM couvre ce volume annuel en ligne, sans quitter son poste.

Questions fréquentes

Peut-on encore devenir MJPM sans la licence professionnelle ?
Pendant une période de transition, oui. Le certificat national de compétence mention « mesure judiciaire à la protection des majeurs » peut être délivré jusqu'au 31 décembre 2027, et ses titulaires au 1er janvier 2028 continuent d'exercer (article 2 du décret n° 2023-1379). Pour la MAJ, le certificat mention MAJ reste la condition. Un délégué peut aussi entrer en fonction et obtenir le diplôme dans les deux ans.
Quel âge faut-il avoir pour devenir mandataire judiciaire ?
Cela dépend du mode d'exercice, selon l'article D. 471-3 du CASF. Un délégué de service doit avoir au moins 18 ans à son entrée en fonction. Un préposé d'établissement doit avoir au moins 21 ans. Un mandataire qui exerce à titre individuel doit avoir au moins 25 ans. Aucun âge maximum n'est prévu par ces textes.
Quel niveau faut-il pour entrer en licence professionnelle MJPM ?
L'annexe I de l'arrêté du 26 février 2024 ouvre la formation aux étudiants et aux stagiaires de la formation continue issus de formations juridiques, sociales ou de gestion, qui ont validé 120 crédits européens. La licence obtenue est de niveau 6. Chaque université peut préciser ses propres modalités d'admission.
Un délégué peut-il travailler avant d'avoir son diplôme ?
Oui. L'article D. 471-3 du CASF accorde au délégué d'un service un délai de deux ans à compter de son entrée en fonction pour satisfaire à la condition de diplôme. Le préposé dispose d'un an à compter de la déclaration de son établissement. Le mandataire individuel, lui, doit être diplômé au moment de sa candidature à l'agrément.
Où et quand prête-t-on serment ?
Devant le tribunal judiciaire du chef-lieu de département, ou l'une de ses chambres de proximité, dans les six mois de l'inscription sur la liste (article R. 471-2 du CASF). Le délégué prête serment dans les six mois de son recrutement. Une inscription sur plusieurs listes n'impose qu'un serment, prêté lors de l'inscription initiale.
Une condamnation empêche-t-elle de devenir MJPM ?
Les textes du code exigent une condition de moralité sans dresser la liste des condamnations incompatibles. Ils prévoient la production du bulletin n° 3 du casier judiciaire pour l'agrément et d'un extrait de casier pour la déclaration d'un préposé. Le préfet décide, après avis conforme du procureur pour l'agrément. Une situation particulière s'examine au cas par cas avec l'autorité concernée.
Combien de temps faut-il pour s'installer à titre individuel ?
Aucun délai global n'est fixé. Il faut réunir trois ans d'expérience, le diplôme et 25 ans, puis attendre un appel à candidatures. L'avis laisse au moins deux mois entre ouverture et clôture des dépôts (article D. 472-5-1). Le silence du préfet pendant cinq mois après la clôture vaut rejet (article R. 472-4).

Vos 14 heures de formation continue, en ligne

Précommande ouverte : accès à la formation le 1er janvier 2027. Mandataire, délégué ou encadrant, vous justifiez chaque année de quatorze heures de formation continue par an, ou de vingt-huit heures sur deux ans. Le parcours France MJPM se suit 100 % en ligne, à votre rythme, et se termine par l'attestation à remettre au préfet.

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